Écrit par Manue, depuis Rio   
Mercredi, 12 Janvier 2011 17:27

Lundi 3 Janvier, direction les chutes d’Iguaçu

En voilà une journée qui s’annonce passionnante. On quitte notre petit appart, en 2h on est à la gare routiere de Florianopolis, puis c’est parti pour 15h de bus supplémentaires. Vers 23h on nous arrête dans un resto « ao kilo ». Principe tout simple, on se sert au buffet, on pose notre assiette sur une balance et le prix dépend du poids de l’assiette. C’est pas bête et ça vaut le coup, on ne paie que ce que l’on prend.

 

Mardi 4 Janvier, Foz do Iguaçu

Il est 11h30 et nous voilà enfin dans la ville de départ vers le Parc Iguaçu, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986. Plus de 200 chutes se pressent sur un front de 2,5km dans un site regorgeant de végétation tropicale. Les cascades étagées se jettent les unes dans les autres, et peuvent atteindre jusqu’à 72 mètres de hauteur ! Le parc est situé pile-poile à la frontière Brésil-Argentine-Paraguay et se visite côtés argentin et brésilien.

Nous avions prévu de visiter le côté brésilien cet après-midi, il faut compter 2-3h (il faut une journée complète côté argentin, le tracé frontalier attribuant la plus grande partie des chutes à l’Argentine), mais nous sommes trop cassés par le voyage. Une fois nos bagages déposés dans notre hostel, nous partons en quête d’un repas roboratif et nous trouvons notre bonheur dans un « restau à volonté ». Pour 3€ par personne on peut manger tout ce qu’on veut/peut au buffet. Encore mieux que le resto ao kilo !

 

Mercredi 5 Janvier, Iguaçu côté argentin

Nous souhaitons consacrer une journée entière au site, ce qui explique notre réveil matinal. Nous aurions pu choisir la solution de facilité en louant les services d’un mini-van qui nous aurait permis de passer la frontière Brésil-Argentine et d’arriver rapidement au parc mais on peut prendre les bus locaux et diminuer considérablement le coût du trajet. Cela dit, si on avait su…

On décolle tôt de l’hôtel, on grimpe rapidement dans le bus qui nous dépose à la sortie du Brésil, on tamponne les passeports, jusque là tout va bien. Notre bus ne nous a pas attendus, on doit attendre le suivant, qui n’arrivera qu’une heure plus tard. On grimpe dans le second qui nous dépose à l’entrée de l’Argentine, et on nous fait la même blague. On doit attendre de nouveau le prochain voyage. On arrive à la station de bus pour prendre celui qui nous emmènera au Parc. Nous avons perdu deux heures dans cette histoire, heureusement que le décalage horaire au passage de la frontière nous fait gagner une heure.

Enfin nous avons notre billet (payé trois fois plus cher que les Argentins) et on rentre dans le parc qui nous fait rapidement penser au pays de Mickey… On suit le joli sentier pour aller prendre le petit train. Mais l’attente est longue pour grimper dans ce train écologique, et ça nous plait moyen d’être au milieu de ces mecs torse-nu, ces nanas en maillot de bains et ces gens qui braillent… Bon, voyons le plan.

Le site se compose en trois parties : le train nous emmène à une station qui permet d’accéder au parcours inférieur ou au parcours supérieur, et un autre train va jusqu’à la Garganta del Diablo, d’une hauteur d’environ 80m, la plus impressionnante chute à ce qu’on dit.

Après notre trajet en train on commence par le parcours supérieur, au dessus des chutes, et on accède aux cascades grâce à un système de passerelles vraiment bien fait. Y’a beaucoup de monde mais on arrive à s’échapper un peu et à apprécier le décor. Le parcours inférieur, au pied des chutes, nous scotche encore plus, et la Garganta del Diablo est incroyable… on est au croisement de trois énormes cascades, trempés dans le bordel (le débit moyen de la rivière est de 1500 mètres cube par seconde !), de la fumée partout, un bruit apocalyptique, très très impressionnant.

Sur le chemin du retour on boude le train et on rentre à pied, accompagnés par des coatis (des fourmiliers au poil long) et quelques bus plus tard nous sommes de retour à l’hostel pour se remémorer notre folle journée.

Note : Pierrot a tenté de manger un « pastel », une sorte de vomi entouré de friture…

 

Jeudi 6 Janvier, Iguaçu côté brésilien

Notre réveil sonne suffisamment tôt pour que nous arrivions au parc avant qu’il ouvre. Au Brésil pas de train mais un bus qui nous conduit au début de la ballade. Depuis le Brésil, on a une vision plus globale avec quelques passerelles au milieu des chutes d’eau (douche garantie) et quelques superbes vues panoramiques (les photos parlent d’elles-mêmes). En fin de matinée on récupère nos bagages et on saute dans le bus pour Saõ Paulo.

Note : le Brésil est LE pays des hélicoptères, on en voit en permanence ! A Saõ Paulo, pour fuir les embouteillages de la mégalopole, les hommes d’affaires ne prennent pas le métro mais l’hélico !

 

Vendredi 7 Janvier, buuuuuuuuuuus

6h10, on est à la station de bus de Saõ Paulo, après plus de 16h de voyage… et c’est pas fini ! Pour aller à Ilha Grande, il faut prendre un bus pour Angra dos Reis, et de là on prendra un bateau. Comme d’hab’, on n’a pas de bol, aucune place de libre pour Angra avant ce soir. Le souci, c’est juste qu’il n’y a aucun moyen de réserver son bus sur internet si on n’est pas Brésilien, donc on doit voir une fois sur place, et souvent on ne voit pas grand-chose…

Bon, qu’est ce qu’on fait ? Passer la journée dans la station de bus ? Bof. Y’a quoi de bien sur la route ? Ah, tiens, Paraty, on nous en a parlé… il reste des places pour Paraty ?

On embarque à 10h, et puis 5h de bus plus tard, on arrive enfin, après 25h de voyage.

On trouve un hostel, on se ballade dans le village qui est certes mignon mais très touristique. De plus, mais on était prévenus, on ne peut pas marcher le nez en l’air sous peine de se vautrer lamentablement. Pour conserver le côté esthétique et authentique de cette petite ville coloniale, les pavés de pierres inégales et glissantes ont été laissés en état. Seul regret, je n’ai vu aucune fille en talon se prendre un vol.

Après un tour au port on part faire quelques courses au supermarché du coin : hallucinant. A chaque caisse, deux personnes : une dame qui encaisse et un mec qui met les produits dans les sacs plastiques. Ils sont tous deux aussi dynamiques que des limaces. La file d’attente s’allonge, personne ne dit rien. Sur la caisse d’à côté, le mec des sacs quitte son poste et ça bloque tout le monde pendant 20 minutes, le temps que le type revienne (bah non, c’est pas le client ou la caissière qui va mettre les produits dans les sacs, faut pas déconner). Je suis complètement effarée (quand on voit le rythme de nos pauvres caissières en France…) et je trépigne un peu devant la mollesse des employés jusqu’à ce que Pierrot me fasse réaliser que c’est comme ça ici, les clients sont habitués, bien plus patients que nous, personne ne se plaint. On n’est pas en Europe, à nous de nous y faire !

On boit une bière avec deux Français à l’hostel, Tess et Bastien, en se léchant les babines devant le plat que prépare la femme du patron dans la cuisine commune… Elle considère qu’il y a suffisamment à manger pour tout le monde dans son énorme marmite et elle partage son repas avec nous, du riz avec une sauce aux crabes et crevettes qui a mijoté toute la journée, un vrai régal !

On les remercie chaleureusement avant de descendre faire un tour en ville. Un petit stand propose des caipirinhas pas chères, on sirote notre cocktail dans la rue, il fait bon. A côté de nous des musiciens se rassemblent, et là démarre une batucada, un concert de percussions qui fait danser les passants et fait rester la foule. Super moment, on a adoré !

Nous passons le reste de la soirée avec deux Françaises qui sont elles aussi dans notre hôtel jusqu’à ce que j’aille me coucher, mais mon homme, infatigable, fera la fête jusqu’au bout de la nuit.

 

Samedi 8 Janvier, Ilha Grande

Pas facile de réveiller Pierrot mais j’y parviens. On prend le bus pour Angra dos Reis avec Bastien et Tess. On longe la Costa Verde, bordée de plus de 300 petites îles montagneuses couvertes de cocoteraies, c’est superbe. Une fois à Angra dos Reis, nous montons dans un bateau pour rallier Ilha Grande, plus particulièrement le village de Vila do Abraão.

Nous n’avons pas réservé avant pour espérer trouver un logement comme sur Florianopolis, et on se demande si on a vraiment bien joué ce coup là… on se heurte à plusieurs refus ou des prix dépassant tout ce qu’on pouvait imaginer. Je laisse Pierrot et les sacs à l’ombre et je reprends l’enquête sous le cagnard, toquant à toutes les portes pendant une grosse demi-heure, sans plus de résultats… une petite dame vient nous proposer une chambre dans sa pousada, et, enfin, on trouve notre bonheur ! Cristina est adorable, parle un peu anglais, très bien espagnol, et nous explique pourquoi elle avait fermé sa pousada pendant 2 ans (nous sommes ses premiers clients depuis ce temps là !). La réouverture officielle est pour demain. Notre négociateur en chef, Chéri, obtient un bon rabais. Sauvés.

 

Dimanche 9 Janvier, Ilha Grande

Enfin une énorme grasse mat’. On passe la journée avec Tess et Bastien à papoter sur la terrasse avant d’aller engouffrer une pizza gigantesque. Demain, on se lève !

 

Lundi 10 Janvier, la plus belle plage du monde

Il est tôt, on est debout et en forme. Quelques courses pour les casse-dalle et nous partons tous les quatre en rando. Objectif : 3h de marche dans la jungle pour aller découvrir la plus belle plage du monde (dixit le guide du Tocard), Lopes Mendes. La rando n’est pas spécialement difficile mais ça fait bien longtemps qu’on n’avait pas fait d’effort dans un climat aussi humide, on est rincés en quelques pas, comme quand on était en Asie ! A la moitié du trajet on fait une pause sur une jolie petite plage tranquille et on commande un coca-glaçon-citron pour reprendre des forces avant de continuer notre chemin. Nous voilà sur la dernière plage toute mignonne avant la plus belle plage du monde, allez, on y est presque ! Un bateau arrive pour débarquer une cinquantaine de personnes qui vont emprunter le même sentier que nous. Les boules.

On double tout ce joli petit monde et on arrive enfin. D’accord, la plage est très belle, grande, sable blanc, petite île à l’horizon, mais le guide du Tocard a un peu exagéré… Non que nous soyons blasés à cause des plages paradisiaques sur lesquelles nous avons posé nos serviettes en Thaïlande, en Indonésie ou sur les îles Fidji, c’est simplement qu’à notre avis les deux petites plages juste avant étaient bien plus belles, et que contrairement à Lopes Mendes, y’avait personne…

Lunch et baignade, on rebrousse chemin pour retourner chez Cristina, et profiter de notre dernière soirée sur l’île, demain c’est Rio !

 

Commentaires 

 
0 # Nath 12-01-2011 19:08
Mmm le coca-glaçon-citron, que du bonheur après trop d'effort
je crois que je vais finir par me faire un périple en Amérique du Sud, un jour, si je gagne au loto, en tout cas ce continent me fait vraiment rêver, merci les loulous!!!
des bisous!!!
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0 # Céline 13-01-2011 08:34
Boh ! Non ça ne donne pas envie... Encore un super récit, des photos magnifiques, courage pour le retour en France ;)
Gros bisous
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