Écrit par Pierrot, au bord de la piscine   
Mardi, 04 Janvier 2011 23:42

Jeudi 23 Décembre, un autre monde

Il est 5 heures du matin lorsque nous foulons pour la première fois le sol brésilien. Le trajet en avion s’est déroulé sans accroc même si nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit. La douane passée, nous ne perdons pas une minute car nous devons attraper notre correspondance pour Florianopolis. Enormément de routards nous ont déconseillé de passer du temps à Sao Paulo. Ville, selon eux sans intérêt, qui ne mérite qu’une escale rapide avant de rallier Rio de Janeiro à 7 heures de bus ou la côte Atlantique.

Pour nous Saõ Paulo restera donc une ville de transit avant de nous diriger vers l’île de Florianopolis, à quelques 10 heures de bus. On sort de l’aéroport, on trouve la navette qui nous emmène à la gare, nous sommes dans le timing. Il y a deux bus qui partent ce matin pour l’ile : le premier à 7h30, le second à 9h30. Pour une fois nous avons été prévoyant, nous connaissons les horaires et avons même, pour la première fois du voyage, réservé notre hôtel. Il faut dire que Noël et la nouvelle année approchants, les plages de la côte atlantique sont prises d’assaut !

7h00, nous arrivons à l’unique terminal de bus de la ville la plus grande de l’hémisphère sud, je vous laisse donc imaginer le bordel qui se tient sous nos yeux ! Nous trouvons la compagnie de bus, nous nous apprêtons à prendre nos billets pour ensuite nous endormir sur les sièges confortables de notre moyen de transport qui nous emmènera au bord d’une plage paradisiaque lorsque, à notre plus grand regret, la charmante hôtesse nous annonce que tout est complet! Le rêve s’écroule. Je pars en quête d’une autre compagnie qui pourrait me consoler mais rien n’y fait, tous les bus en partance pour Florianopolis ce 23 Décembre sont complets !

Il faut se rendre à l’évidence, on doit passer une journée dans cet enfer qu’est Sao Paulo. On réserve donc nos billets pour le lendemain et, éreintés, sacs et guitare sur le dos, nous partons dans le métro de la ville la plus dangereuse d’Amérique du Sud…

On atterrit alors dans le centre de cette bourgade de 18 millions d’âmes. On y trouve un hôtel glauquissime pour se loger ce qui nous permet au moins de profiter d’une sieste bien méritée. Plus tard c’est la faim qui nous réveille. Nous partons donc nous balader dans le quartier où nous avons élu domicile et on découvre une vraie ville d’Amérique Latine, loin des circuits touristiques, bruyante, polluée et sale comme je les aime. Notre quartier grouille de vie, au pied de notre hôtel, un bar avec une large terrasse donnant sur une rue piétonne fait place comble dès 17 heures. Il y a de la vie dans cette rue, on aime ! Un groupe de Samba vient participer aux festivités et c’est tout un peuple qui se met à danser à l’unisson. Il n’est que 22 heures, les Brésiliens ne trahissent pas leur réputation…

Notre première journée interminable au Brésil prend fin. Cela promet pour la suite !

 

Vendredi 24 Décembre, Georges Croissant

Réveil difficile, direction la gare de bus. Si tout se passe bien, ce soir nous fêterons Noël sur une plage ! Et tout se passe bien ! Vers 7h30, notre car démarre pour 10 heures de trajet. Je ferai le voyage sans Manue qui n’a pu avoir de place à côté de moi. Ma voisine, une Brésilienne d’une vingtaine d’année, me tient compagnie.

Vers 19 heures nous arrivons enfin. Nous reprenons un bus local pour nous emmener jusqu’à notre village, Barra da Lagua, où nous avons fait une réservation dans un backpacker pour les 2 premiers jours.

21 heures, on jette nos sacs dans notre chambre puis on monte sur la terrasse surplombant l’océan atlantique pour alors commencer notre soirée. Tout le monde est en tongs, ca fait plaisir !

Nous trinquons avec la terre entière. Des Canadiens, des Anglais, des Israéliens, des Brésiliens tapent dans nos verres tout au long de la soirée, la caipirinhia et la bière locale Antartica coulent à flot! Puis tout à coup Manue me demande de me retourner. Et là, stupeur! Je reconnais Roul, notre ami Belge/Flamand que nous avions rencontré il y a deux mois à l’autre bout de l’Amérique du Sud, en Argentine, dans un bled nommé Maipu, non loin de Mendoza. On avait passé, à cette époque, le début de la soirée d’Halloween ensemble et nous nous étions promis de nous revoir plus tard dans la nuit. Malheureusement, la « fatigue » ne m’avait pas permis d’assurer le rendez-vous et nous nous étions perdus de vue ! On trinque (encore!) à nos retrouvailles et lorsqu’il doit s’éclipser pour rejoindre des amis à lui, on se donne rendez-vous le lendemain, à midi, devant le backpacker. Vu la suite de la soirée, je ne pourrai une nouvelle fois honorer le rendez-vous.

Très tard (ou assez tôt), nous irons nous coucher. Et c’est avec deux potes Israéliens baptisés par Manue « Georges Croissant » et « Brad Pain au chocolat » que nous finirons notre nuit de Noël ! Ce soir j’aurai aussi pris mon premier cours de Portugais avec la lune en arrière plan qui se reflétait sur les vagues de l’atlantique. Plutôt fun comme cadre d’apprentissage!

Ca y est, on est de retour au soleil, sous la chaleur des tropiques, et ce n’est pas pour nous déplaire !!!

 

Note : Quoi de plus naturel que de fêter Noël, la naissance du Christ, avec deux Israéliens !

 

Samedi 25 Décembre, Joyeux Noël!

Réveil 15h ! En guise de repas de Noël nous n’avons que la force de réchauffer des pâtes instantanées.

Couchés 20h !

 

Dimanche 26 Décembre, le Brésil

Aujourd’hui on reprend nos bonnes habitudes en se réveillant tôt. L’objectif de la journée est simple : changer de logement ! Dans le backpacker où nous sommes, le « Banana beach », on paie très cher, trop cher pour notre budget donc on doit aller dormir chez l’habitant pour diminuer de manière significative l’addition. Et on a un plan ! On a remarqué qu’à l’arrivée des bus il y a un petit malin de Brésilien qui propose des appartements à louer. En fait, il met seulement en relation des familles qui louent des logements avec des voyageurs. Au passage, il prend sa com bien sûr! On va donc voir Giovanne qui nous présente la famille d’Yvanioul. Juste à côté d’un joli canal qui relie la mer à un lagon, à deux pas du centre, la famille d’Yvanioul loue deux petites baraques. L’une est déjà prise par un Belge et une Urugayenne expatriés, l’autre est dispo. Dedans, il y a une cuisine équipée, une douche avec eau chaude et un lit deux places. Le tout pour 60 Réals (environ 25€) soit deux fois moins qu’au backpacker. Que demander de plus ? On décide donc de rester 7 jours et de vivre au rythme Brésilien.

Après l’emménagement on fait connaissance avec nos voisins, Thibaut et Valéria,  en partageant quelques Antartica (mais si, la bière locale !). On fait la lessive (enfin Manue surtout, je dois bien l’avouer), ma douce me coupe aussi les cheveux puis on part à l’endroit préférer des locaux, le lieu culte pour tout Brésilien : la plage !

Il fait beau, le soleil cogne, les fesses des femmes sont nues ! Au brésil pas de topless, par contre, les culottes de maillot de bain des femmes sont de simples bout de tissu muni d’une grande ficelle ! Au début c’est un peu choquant mais très vite on s’y fait (parfois même on aime….). Pourquoi choquant ? Parce qu’il n’y a pas que de belles femmes bronzées et sveltes qui s’habillent de ce genre d’apparat ! Donc souvent, ce n’est pas très harmonieux.

La plage au Brésil c’est le jardin de chacun. Certains apportent même leur tonnelle pour chercher un peu de fraicheur sur le sable brûlant alors que d’autres improvisent des parties de foot, le torse nu, sous le regard aguicheur des Brésiliennes. Heureusement pour nous, la plage de Barra da Lagua est immense, plus de 15 kilomètres de long. On trouve facilement un coin plus tranquille loin de l’agitation.

Souvent Manue et moi pensons aux délices que nous avons mangés en Asie. On décide le soir venu de s’accorder un petit plaisir en se cuisinant un poulet au curry.

 

Lundi 27 Décembre, tranquilo

On est avant tout en vacances. Donc aujourd’hui c’est repos !

Réveil tardif, petit déjeuner, plage, déjeuner, plage, apéro, diner rythment notre journée !

 

Mardi 28 Décembre

Se reporter au Lundi 27 Décembre.

 

Mercredi 29 Décembre

Toujours se reporter au Lundi 27 Décembre (ou au Mardi 28 Décembre).

 

Jeudi 30 Décembre, re-Roul

Décidément, ce Belge nous suivra jusqu’à la fin de notre voyage. On était parti pour se refaire une journée comme on les aime (cf Lundi 27 Décembre) lorsque notre ami Roul est venu chambouler notre programme bien huilé.

Et oui, en arrivant en milieu d’après midi à la plage, on le croise… à nouveau. Il m’avoue s’être réveillé bien tardivement, lui aussi, le lendemain de Noël, et donc n’a pu honorer, lui non plus, notre rendez-vous. On passe donc l’après midi avec lui et ses potes… Israéliens. Plus tard on boira même l’apéro avec eux, chez eux, ce qui me donne l’occasion d’écrire un paragraphe sur ceux venus de Palestine.

Où que vous alliez en Amérique du Sud vous croiserez des Israéliens en voyage. Et où que vous alliez en Amérique du Sud vous croiserez des voyageurs se plaignant des Israéliens en voyage. Il parait même qu’ils seraient pires que les Français à l’étranger…

Avant de partir à l’université, les Israéliens ont pour devoir d’effectuer leur service militaire. Cette tâche va leur prendre trois années pour les hommes et deux pour les femmes. Après avoir torché les chiottes de leur caserne et avoir fait mumuse avec un Uzi, ils quittent leur bataillon avec plein de sous en poche. La plupart d’entre eux décident alors de s’octroyer un break d’un an et partent voyager, très souvent, en Amérique du Sud.

Personnellement je n’ai pas croisé d’Israélien grossier, méchant, arrogant (enfin un tout de même, il faut bien l’avouer). Mais ce qui est sûr c’est qu’ils sont, au moins, différents des autres voyageurs par leur communautarisme. Contrairement aux Européens qui aiment, la plupart du temps, rencontrer les locaux ou d’autres étrangers, parler d’autres langues, les Israéliens aiment rester entre eux pour ne se mélanger que très peu. Par exemple, les amis de Roul vivent tous ensemble dans un hostel, tenu par un Israélien. Ils ne se connaissaient pas avant et se sont tous trouvés ici. Tout y est écrit en Hébreu. Sur la devanture de l’hostel, en plein milieu d’une rue passante, on peut même voir la croix de David hissée fièrement.

Perso, si je vois la gueule de Marianne sur la devanture d’un établissement nommé « Hôtel de la gare » en plein milieu du Brésil, je pars en courant !

 

Vendredi 31 Décembre, The best NYE ever!

Si j’avais su que l’invitation de nos voisins à boire l’apéritif en début d’après midi allait se transformer en nouvel an avant l’heure, je pense que nous aurions décliné l’invitation. Heureusement une sieste improvisée sur la plage entre 19h et 20h nous a permis de nous remettre d’aplomb pour affronter la nuit !

Après une dernière bouffe 2010 entre amoureux nous sommes invités Manue, moi, Thibaut et Valéria à partager le « Churasco » d’Yvanioul et de sa famille. On s’installe alors autour du barbecue avec eux. Parfois mes bases d’espagnol me permettent de me faire comprendre, souvent Thibaut qui parle Portugais couramment me donne un coup de main. Toujours est-il que ce moment partagé avec cette famille, aussi généreuse que je suis saoul, restera un de nos beaux moments de Florianopolis.

Quelques minutes avant les douze coups de minuit nous partons tous ensemble pour fêter la nouvelle année sur la plage. Tous les Brésiliens vêtus de blanc s’y sont donné rendez-vous. Nous nous perdons tous mais, comme à l’accoutumé et au milieu d’une foule compacte, je retrouve mon bon Roul.

Nous fêtons donc la nouvelle année avec notre Belge et ses acolytes Israéliens avant de danser pendant une bonne partie de la nuit sur la plage éclairée seulement par le clair de lune.

 

Note : Vers 3 heures du mat, en face du bar qui distille le son sur la plage noire de monde, mes tongs tombent nez à nez avec un nouveau né. Le gamin, âgé maximum de 6 mois, dort au beau milieu du dance floor entre les pieds des fêtards. Le père me regarde comme si tout était normal….

 

Samedi 1 Janvier

Je ne regrette pas mon investissement en paracétamol !

 

Dimanche 2 Janvier

Enfin nous nous motivons à nous balader sur l’ile. A notre arrivée, remplis de bonnes intentions, nous souhaitions louer un scooter comme nous le faisions en Asie, pour visiter Florianopolis. Malheureusement le prix prohibitif de la location nous a décidés à nous rabattre sur la solution bus local. Nous montons donc ce matin dans le bus.

L’île fait 60 kilomètres de long pour 20 kilomètres de large. Elle a été colonisée il y a près de 300 ans par des pécheurs venus des Açores pour chasser la baleine. On croise donc sur notre route de ravissants villages de pécheurs séparés entre eux par de douces montagnes aux forêts tropicales. Et évidemment sur notre route des plages, des plages. On en compte 42 sur l’île.

Malheureusement pour moi le photographe, la lumière n’est pas là aujourd’hui. Il fait, pour la première fois de notre séjour sur l’ile, un temps de cochon. On souhaitait passer la journée dans un de ces villages mais après y avoir parcouru quelques mètres sous une pluie battante, nous décidons de rebrousser chemin et de rentrer dans nos pénates… journée ratée !

Demain nous quittons l’île pour la frontière avec l’Argentine et le Paraguay. Ici on y trouve des chutes d’eau nommées Iguaçu !


 

Commentaires 

 
0 # Nath 05-01-2011 00:03
C'est moche, vraiment très moche de nous faire rêver comme ça!!!!
des bisous!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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0 # Eva 05-01-2011 08:12
J'ai enfin rattrapé mon retard!

Profitez bien de la fin de votre tour du monde!
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0 # Céline 05-01-2011 08:48
Bien d'accord, c'est moche de nous faire rêver... en plus avec les photos qui font pas du tout râler...
Wouahou !!! Profitez encore de vos derniers moments de votre tour du monde ! bisous bisous
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0 # Béatrice 06-01-2011 16:54
Merci de nous faire partager votre expérience, ça donne vraiment envie de partir !
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