Douzième et avant-dernier pays à traverser, nous voici au Pérou. Le timing est très serré, on ne pourra profiter de ce pays qu’une dizaine de jours! On a pris un peu trop notre temps en Argentine et en Bolivie et n’avons pas réussi à décaler notre billet d’avion Lima/Sao Paulo prévu le Mercredi 22 Décembre. Comme on ne pourra pas tout faire, on va essayer d’en faire peu mais de le faire bien.
Dimanche 12 Décembre, Entrée au Pérou
Le passage de la frontière est une fois de plus une formalité et nous voila sur une route qui longe le lac Titicaca et nous éloigne de la Bolivie que nous avons tant aimée. La première ville à nous accueillir est Cusco. On est encore perché à plus de 3 000 mètres d’altitude et les rues pavées et pentues de « la Rome des Incas » nous coupent le souffle! Entourée de montagnes brunes la ville s’étend dans une vallée chargée d’histoire. Elle fut la capitale de l’empire Inca, le nombril du monde andin et en garde encore toutes les traces.
C’est sous la pluie, tard le soir, que nous arrivons dans la belle. On trouve, toujours accompagnés de Léa et d’Adrien, nos piaules dans les hauteurs de la ville, pas très loin de « la plaza de armas », le cœur de la cité.
Lundi 13 Décembre, Cuzco capitale des Incas
François, notre pote du Nord qui est resté une soirée de plus sur l’isla del Sol nous rejoint en fin de matinée. On se retrouve à nouveau tous les cinq et ce n’est pas pour nous déplaire ! On rentre dans un boui-boui pour casser la croute. On nous sert une soupe locale, une bonne viande en sauce accompagné, pour ne pas changer, de riz et de pommes de terre. La nourriture est toujours aussi médiocre mais peu chère, les « Bolivianos » ont laissé place aux « Soles ».
Léa, François et moi favorisons notre digestion en démarrant notre après midi en arpentant les rues montantes du vieux quartier. Pendant ce temps, Manue et Adrien mettent à jour leur site internet respectif. Cuzco est aujourd’hui une superbe ville coloniale quoique trop envahie par les hôtels, restaurants et agences de voyage en tout genre. Il faut dire qu’en plus d’être belle, elle est la ville étape permettant de rallier le fameux Machu Pichu. Le touriste y est donc roi !
Le centre de la cité se compose essentiellement de belles maisons coloniales avec balcons de bois sculptés, alignées le long de ruelles étroites, et de places soignées aux gros pavés luisants. Y a pas à dire, on s’y sent bien. Plus tard on tente même d’atteindre les cimes du vieux quartier San Blas. Sur ses hauteurs, une vue surprenante sur les toits de tuile qui dévalent en cascade s’offre à nous. En redescendant, on tombe sur un resto français proposant rillettes, couscous et pastis… la France nous manque parfois !
Plus tard, on décide de se faire une petite bouffe à notre hôtel. On passe la soirée au son de nos guitares à discuter avec une famille de français partie faire un tour en Amérique du sud pendant un an. Demain, ils partent pour le Machu Pichu.
Mardi 14 Décembre, J-1
Notre mission principale du jour est de préparer notre périple pour nous rendre au Machu Pichu le lendemain. On peut effectivement parler de « périple » car se rendre sur la cité perdue n’est pas des plus simples. C’est sûr qu’on aurait pu choisir la solution de facilité en prenant le train de la compagnie PERURAIL, débourser alors 140$ pour 4 heures de trajet aller. Mais l’idée de filler notre pognon à une boite qui a le monopole sur cette liaison et qui en profite pour ponctionner le touriste alors que le Péruvien, pour le même trajet, ne paie que 3$, nous révulse. Et oui, le trajet Cuzco/Agua Calientes (ville au pied de la montagne sacrée) et l’un des plus chers au monde ! On a donc décidé de ne pas rentrer dans cette énième mascarade qui consiste à prendre le blanc pour une pompe à fric.
Mais cela ne sera pas de tout repos. On devra demain, à l’aube, partir en bus local pour une première ville nommée Santa Maria (5 heures de route). De là trouver un second bus pour nous emmener à Santa Theresa. A Santa Theresa, trouver un gentil Péruvien qui voudra bien nous conduire à Hydroelectrica pour que nous démariions une marche de 3h00 qui nous mènera jusqu’à Agua Calientes. On pourra alors, le lendemain matin, sortir de la vallée et grimper jusqu’à notre Machu Pichu.
On prend donc dans l’après midi nos tickets pour la cité perdue (que nous avons hâte d’y être!) et partons sur les hauteurs de Cuzco à la découverte d’un site Inca, Sacsahuman, amuse gueule avant notre plat de résistance du lendemain. Il fait bon, le soleil est au rendez-vous. On s’affale alors à deux pas du site qui n’est pas si terrible que cela puis nous entamons une partie de tarot. Quelques « gardes » et « petites » plus tard, la fraicheur nous oblige à redescendre dans la vallée et à nous réchauffer d’un bon repas économique dans le quartier populaire de la ville.
Il est temps de faire nos sacs et de se coucher, demain on a du pain sur la planche !
Mercredi 15 Décembre, L’expédition
On ne pensait pas que cette journée allez être si longue, compliquée et éprouvante. Pourtant elle restera une de nos meilleures depuis notre départ de France. Résumé :
A 3h45 nos alarmes nous réveillent en fanfare. Il est temps de nous habiller, de sauter dans un taxi pour nous rendre à la station de bus. Seul hic, le chauffeur se plante de terminal alors que nous lui avions répété à plusieurs reprises le nom de notre première destination, Santa Maria. Il nous fait alors tout un foin et nous réclame le double de la course. Bien entendu on ne se laisse pas faire et nous le quittons en entendant dans nos dos des « Van a morir ! ». La journée démarre fort !
Il est 4h30, le bus pour Santa Maria est prévu à 5h. Nous rentrons confiant dans le terminal en espérant même avoir le temps de s’acheter quelques friandises pour éloigner la faim. Pourtant, après s’être rapprochés du comptoir de vente de billets on se rend compte que le premier bus au départ de Santa Maria est à 7h30. La veille, l’office du tourisme nous avait annoncé 5h ! Nous devons donc poiroter prêt de 3 heures dans ce terminal de bus glauque au possible sans être plus du tout sûr d’arriver à Agua Calientes le soir même. La montée sur le site du Machu Pichu pour le lendemain matin s’annonce compromise. Abattus, nous faisons les cent pas lorsqu’une hôtesse nous annonce qu’un autre bus part d’ici 5 minutes pour Santa Maria mais à 500 mètres de là.
Il est 5 heures du matin, l’altitude est de 3 400 mètres, nous entamons alors, sac au dos, un sprint infernal pour essayer d’attraper notre moyen de transport. Essoufflés, le cœur explosant notre poitrine, nous arrivons à temps pour prendre nos billets. Le départ était prévu à 5h nous partirons à…..6h30, « Peruvian time »! On est encastré dans un mini van, accompagnés de locaux et d’une française expatriée au Pérou. Pas grave, si tout se passe bien, on devrait arriver comme prévu en fin d’après midi à Agua Calientes.
Nous roulons alors depuis plus de 3 heures lorsque notre chauffeur nous octroie une pause et en profite pour se….laver les cheveux dans le cours d’eau de la rivière (?). Une demi heure plus tard nous repartons, il est alors 10 heures pourtant nous voila à nouveau stoppés. Et cette fois ci, c’est pour de bon ! Il y des travaux sur cette portion de route et la circulation ne sera rétablie que dans plus de 2 heures !
On prend alors notre mal en patience en improvisant une partie de tarot dans la cour de l’école du village. Les élèves, intrigués, se joignent à nous. Le ragout mijoté par une mémé du patelin est plutôt bon au soleil de cette vallée. Dans notre malheur nous sommes heureux!
A l’heure prévue nous repartons et, plus tard, nous trouvons facilement notre première correspondance. Nous sommes en début d’après midi lorsque nous arrivons sur une route de montagne accrochée à la falaise. La piste est terreuse et étroite, le précipice à quelques centimètres de nos roues est profond, très profond. Tout au long de cette portion qui relie Santa Maria à Santa Teresa des croix attestent des sauts de la mort qu’on fait, avant notre passage, des automobilistes mal chanceux. Pourtant, la beauté et le côté spectaculaire de la route prennent le pas sur la peur.
Notre seconde correspondance se déroule avec succès même si deux d’entre nous devront faire les quelques kilomètres, qui nous séparent du début de la randonnée, dans le coffre du véhicule.
Enfin nous arrivons, sortons des véhicules pour entamer la longue marche. Bien entendu c’est à ce moment précis que le ciel devient capricieux et nous pousse à enfiler nos ponchos. Pour nous rendre à Agua Calientes et enfin terminer notre parcours du combattant, nous longeons une rivière torrentueuse dominée par de hautes montagnes couvertes de forêt. Nous retrouvons alors les rails du chemin de fer que nous ne quitterons plus jusqu’à notre arrivée après la nuit tombée. Nous passons sur des ponts de bois, sous des tunnels enfouis dans la végétation. Les montagnes aux alentours semblent toucher le ciel, les nuages apportent un côté mystique aux lieux. Parfois nous levons la tête nous imaginant la cité perdue toute proche de nous, ne voulant pas encore se dévoiler à nos yeux.
A 20h nous arrivons enfin, fatigués et affamés. Cette journée restera gravée à jamais dans nos mémoires, on attend celle de demain avec impatience !
Note : Dans notre hôtel, à Agua Calientes, il n’y a pas d’eau chaude…
Jeudi 16 décembre, Une journée sur le Machu Pichu
Nous sommes actuellement en basse saison, les touristes se rendent principalement au Machu en Juillet/Aout, période pendant laquelle le site peut atteindre l’affluence de 2000 personnes alors qu’il n’en faudrait pas plus de 800, selon l’UNESCO, pour préserver les équilibres naturels. Tout le monde aura le droit de fouler le sol de la cité perdue pourtant, seuls les 400 premiers pourront gravir le Wayna Pichu, montagne qui surplombe le site. Aucun d’entre nous ne veut louper cela, on décide donc de partir pour l’ouverture du site à 6h.
Les plus courageux peuvent, dès 5 heures du matin, commencer à pied l’ascension qui mène au Machu Pichu. Les autres paieront rubis sur l’ongle un bus qui les mènera à l’entrée du site.
Après un petit déjeuner frugal, nous démarrons légèrement en retard la montée infernale. Et c’est vrai qu’elle est dure cette grimpette ! Une grosse demi-heure plus tard je suis fier d’arriver le 15ème sur le site et d’avoir assuré ma place pour monter en haut du Wayna Pichu. J’attends mes amis et Manue qui arrivent par la suite et décrochent tous le sésame tant espéré.
Malheureusement, il fait très nuageux ce matin et c’est dans le brouillard le plus épais que nous rentrons sur le site. Nous nous postons face à la cité en attendant patiemment les premiers rayons de soleil. Et lorsque le site se dégage par intermittence c’est un spectacle d’une rare beauté qui s’offre à nous. Les ruines sont parfaitement accrochées sur la crête de la montagne. De part et d’autre, des terrasses cultivées semblent tomber dans le vide. Mais comment et dans quel but des hommes ont pu construire cela ? Le mystère est toujours présent. Etait ce une capitale religieuse résidence d’un empereur, simplement un lieu de culte consacré au Soleil ou encore la dernière capitale Inca ? La question n’est toujours pas résolue. Les archéologues sont en revanche sûrs qu’il ne s’agissait pas d’une forteresse établie pour prévenir une invasion des tribus amazoniennes. Il semblerait aussi qu’au moment de leur conquête les Espagnols connaissaient l’existence de la cité, sans pour autant présumer de son importance… ce qui valut au site un total désintérêt et il resta à l’abandon jusqu’à sa découverte au début du XXème siècle par un archéologue Américain.
Plus la matinée passe, plus le site se dégage. On commence à apercevoir pratiquement l’intégralité des anciennes maisons, temples, tours et terrasses. Pour nous il est temps de monter en haut du Wayna. Fatigués pas l’ascension du matin, nos copains Frenchies préfèrent flâner au milieu des ruines alors que Manue et moi profitons, après 40 minutes de marche, d’une vue vertigineuse surplombant toute la vallée et la citée perdue. Nous nous trouvons à 2700 mètres d’altitude, autant vous dire une broutille pour nous maintenant !
Les experts s’accordent à dire que le Machu Pichu a été abandonné par les Incas par crainte de le voir tomber aux mains des envahisseurs espagnols. Les habitants, qui pouvaient être 1800, ayant appris la chute de Cuzco en 1534 (soit seulement 100 ans après la construction de la cité perdue) et les méfaits commis par les conquistadors, se seraient décidés à quitter la ville par peur d’une attaque.
Nous, nous y sommes toujours et avons du mal à le quitter. Cela fait plus de 8 heures que nous errons entre les pierres multi centenaires et n’arrivons pas à nous lasser ! En milieu d’après midi, on a même la chance de voir le site ensoleillé par quelques rayons qui ont pu se frayer un chemin au milieu du plafond nuageux. Le jeu de couleur est splendide, il va pourtant bien falloir penser à redescendre.
En fin d’après midi nous retrouvons après une dernière marche Agua Calientes, puis, en tout début de soirée, notre lit. Demain nous repartons pour Cuzco, la parenthèse enchantée « Machu Pichu » est terminée.
Vendredi 17 Décembre, retour à la civilisation
Chemin inverse à parcourir aujourd’hui. On ne se lève pas trop tôt, on enfile les chaussures de rando et partons pour retrouver Hydroelectrica où nous espérons pouvoir partager un bus avec d’autres touristes. Le chemin qui longe la voie ferrée puis le cours d’eau est encore plus beau sous le soleil. Après 3 heures de marche, par chance, un van nous attend. Après avoir monnayé le trajet pour Cuzco, on peut s’endormir, tranquille, sur la banquette du véhicule.
A Santa Teresa nous faisons une pause-déjeuner et une famille (encore) de français monte dans le van. Incroyable ! Je reconnais un camarade de ma promotion que je n’avais pas vu depuis 7 ans ! La Terre est décidément petite, il fait le tour du monde avec sa femme et son fils dans le même sens que nous. Ils le terminent d’ailleurs dans un mois…tout comme nous !
Vers 23h nous sommes accueillis par la pluie à Cuzco. Ereintés nous dinons, buvons quelques verres et partons nous coucher. On a beaucoup de rêves à faire cette nuit…
Samedi 18 Décembre, Nouvel an !
Adrien, Léa, François, Manue et moi allons bientôt nous quitter après plus de 2 semaines passées ensemble. On se retrouve dans notre bistrot préféré de Cuzco, nos ordinateurs sur nos genoux, pour donner des nouvelles à nos proches. D’ici peu Manue et moi partons pour le Brésil, Adrien et Léa pour le Mexique et François redescend vers l’Argentine. Pourtant, cela tente tout le monde de passer le nouvel an ensemble. François a vécu deux ans au Mexique et nous parle d’un coin idyllique, coincé entre la mer, la montagne et le soleil au Sud Ouest du pays des Mayas. On commence tous à se prendre à rêver partir fêter cette fin d’année, qui aura été riche, là-bas et ensemble.
On retourne le problème dans tous les sens, on regarde les billets d’avion mais pour nous, impossible de changer nos plans. François lui, achète son billet 400€ Lima/Ciudad de Mexico.
Ce soir on quitte le ch’ti pour partir tous les 4 plus au Sud, moins en altitude, à Aréquipa. Nous avons un bus de nuit qui nous attend. On se donne rendez-vous à la braderie de Lille en Septembre, quoi que sympa, la ville du nord de la France reste moins exotique que celle de notre au revoir….
Commentaires
Des bisous!!!
Et les photos... trop belles !
Profitez bien de votre dernier mois
gros bisous