Vendredi 05 Novembre, direction Cafayate
Au bout de 30h de voyage, à bord de trois bus différents, nous voilà enfin à Cafayate, lieu de départ de la célèbre Quebrada (= Gorge) du même nom. On fait rapidement le tour du village pour trouver une Hospedaje pour passer les prochaines nuits. Après quelques échecs, nous posons nos sacs chez Mirta, une petite vieille, tout de bigoudis coiffée, qui nous fait un bon prix. On met le site en ligne et on part à la recherche d’un resto sympa. Ca fait deux jours qu’on ne mange que des sandwiches jambon-fromage et on ne peut plus résister à l’odeur du bœuf grillé !
Avec Pierrot, on choisit de s’essayer enfin à la parillada. Il s’agit de morceaux de viande grillés au feu de bois qu’on nous apporte sur un barbecue portatif. Pour 10€ à deux, nous dégustons plusieurs viandes (mouton, bœuf, poulet, porc…) plus délicieuses les unes que les autres. Nath choisit le faux-filet qui doit bien faire 500g, pour seulement 7€. Ah, il fait bon vivre en Argentine !
Samedi 06 Novembre, Cafayate
Encore bien fatigués par notre périple en bus, nous décidons de nous la couler douce aujourd’hui. On profite du soleil, on bouquine, on fait notre lessive et on établit notre programme de demain : nous prendrons le bus de 8h30, en direction de Salta, qui nous laissera à « la gargantua del diablo », et pour revenir à Cafayate, nous parcourrons les 48,5km à vélo. Ainsi, d’après nos brillants calculs, on ne sera sous le cagnard qu’en fin de parcours. Nickel.
Tiens, c’est bizarre, pourquoi est ce que le mec de la location de vélos tient tellement à ce qu’on embarque une pompe avec nous ? La route est si mauvaise que ça ?
On boit un verre en terrasse, on mange un morceau et on se rapatrie dans nos quartiers… le pneu avant du VTT de mon homme est un peu dégonflé, mais après tout, on a une pompe !
Dimanche 07 Novembre, la Quebrada de Cafayate
Euuuh, en fait le pneu de Pierrot est complètement à plat, la bonne blague ! On s’acharne à essayer de le regonfler, sans succès : peut-être qu’une pompe adaptée aurait été plus efficace !
Rouge de colère, le mâle retourne chez le loueur : fermé, c’est dimanche ! Qu’est ce qu’on fait ? On pique le vélo de l’un des pèlerins qui assiste à la messe ? On prend deux vélos pour trois ? On cherche un autre loueur qui serait ouvert ?
Pierrot accroche un message assez explicite sur son VTT tout pourri et le jette sur la bâche qui couvre les autres vélos du charlatan, histoire de le laisser bien en évidence… On attend l’ouverture possible des autres magasins, on voit passer le bus qu’on aurait dû prendre, on a les boules.
C’est finalement grâce à un coup de fil de notre charmante Mirta bigoudisée que Pierrot pourra récupérer un autre VTT, celui là de compet’. Il est encore temps : on grimpe dans le bus de 10h30 et on se badigeonne de crème solaire, on va prendre cher !
Je pensais que le retour en vélo ne serait que de la descente : raté ! Je pensais qu’il y aurait quelques coins d’ombre : raté ! Je pensais que le vélo de Nath et le mien étaient bons : raté !
Heureusement, le jeu en vaut vraiment la chandelle : les paysages sont à couper le souffle (les montées aussi), on voit des montagnes multicolores, des paysages désertiques, des oasis au milieu de nulle part, des cactus partout… simplement sublime !
Nath commence à avoir des cloques sur les bras, le soleil est vraiment terrible, et ça mine un peu son moral. A la fin de la Quebrada, il reste une dizaine de kilomètres pour revenir au village mais elle n’en peut plus. La solidarité féminine prend le dessus, on se remet toutes les deux en mode Pékin Express pendant que Pierrot continue à vélo.
On fait une pause sous le cagnard, aucune voiture à l’horizon… au moment où nous allions perdre espoir, je vois Nath courir sur la route, les bras en l’air, pour arrêter la seule voiture qui passait ! Le minibus s’arrête, j’explique au conducteur que mon amie est malade et je lui demande s’il peut nous ramener à Cafayate. Nath arrive à ce moment là et pleure (je l’avais bien briffée, pas moyen qu’on nous refuse !). Nath c’est bon, vu comment on gère le stop, l’an prochain on se fait Pekin Express !
On charge nos VTT dans le minibus de notre sauveur, qui nous offre même un peu d’eau fraiche, la clim fait du bien ! On double le sportif, allez, courage, il ne reste que quelques kilomètres !
On commence notre scandale auprès du loueur de vélo qui ne sait plus où se mettre, entre le vélo tout pourri qu’il voulait refourguer à Chéri et le bras de Nath qui atteste du soleil brûlant… Pierrot arrive et en rajoute une couche : nous ne paierons que la moitié de nos VTT de filles, c’est bien la moindre des choses !
On termine la journée par un bon coca glacé pour se remettre de nos émotions et une parillada bien méritée !
Lundi 08 Novembre, vers Molinos
Certes, le plus simple pour rejoindre Salta depuis Cafayate est de passer par la nationale. Mais on éviterait la magnifique route 40 que l’on avait déjà emprunté en Patagonie, soit 4 000 kilomètres plus bas . On prend donc le bus pour Angastaco, village perdu au milieu de la cambrousse, et le panorama nous récompense déjà. On a vraiment l’impression d’être dans le trou des fesses du monde. Ca nous fait bien penser à l’Asie : la peau des locaux est marquée par le vent et le soleil, leurs maisons sont vraiment vétustes, ils n’ont rien ! Buenos Aires, c’est vraiment dans le même pays ???
Arrivés à Angastaco, il nous faut maintenant trouver un moyen de locomotion pour rallier Molinos. La route est tellement déglinguée qu’aucun bus ne relie les deux villes. Après une heure de stop sans aucune voiture qui passe, on s’arrange avec une Argentine pour partager un taxi-4x4. Une fois de plus, les paysages sont au rendez-vous, et le dépaysement aussi.
Nous voilà à Molinos, le prochain bus pour Salta, c’est demain 7h. On n’a qu’à se trouver un endroit pour la nuit. On tombe dans une petite maison dont la proprio loue des chambres, c’est mignon tout plein et pas cher, que demander de plus !
Note : dans les coins reculés, ce sont les bus qui font la livraison de journaux : devant les maisons, les gamins attendent patiemment les nouvelles, donnent une petite pièce au chauffeur et repartent tout contents, leur journal sous le bras.
Mardi 09 Novembre, de Molinos à Salta
7h de bus, des champs de cactus à perte de vue, des montagnes, et… du brouillard. Normalement, il parait que c’est très très beau. On passe également par un col de 4100m, on ressent l’altitude !
On arrive à Salta et on déniche le super spot pour passer nos deux prochaines nuits. On fait nos courses et on ne fait pas grand-chose d’autre, de toute manière il ne fait pas très beau.
On rencontre une Bruxelloise et une Française qui nous parlent de l’inflation que subissent les Argentins : 100% en 1 an ! Les jeunes qui étudient à Buenos Aires et qui rentrent chez eux le week-end sont complètement perdus, les tarifs des bus changent d’une semaine à l’autre !
En parcourant le Routard du Brésil Pierrot percute quelque chose qui pourrait bien changer la suite de notre voyage : la validité de mon passeport. Elle doit être de 6 mois lorsqu’on quittera le Brésil pour pouvoir rentrer au Brésil.
Je m’explique : depuis le vol de mon passeport biométrique en Malaisie, j’ai maintenant un passeport d’urgence valide 1 an, jusqu’au 08 juillet 2011. On a prévu d’entrer au Brésil le 22 décembre 2010 et de le quitter le 18 janvier 2011. Ca veut dire que mon passeport aura bien 6 mois de validité lorsqu’on entrera au Brésil mais pas lorsqu’on le quittera…
Panique, je cherche des infos sur internet, je vois de tout : sur le site du Ministère des Affaires Etrangères, ils parlent de validité de 6 mois à l’entrée du pays. Sur le site de l’Ambassade de France au Brésil, ils parlent de 6 mois à la sortie du pays. Sur le site des compagnies aériennes, il faut un passeport simplement valide. Sur les forums, ils disent que la douane ne regarde pas la date de validité du passeport…
Bref, plein d’infos mais toutes différentes, j’envoie des mails partout pour avoir une réponse, pendant que le père de Pierrot s’occupe d’appeler l’ambassade du Brésil à Paris (encore une fois, merci la base arrière !)… on n’en pas encore fini avec cette histoire, mais ça veut dire que notre retour en France pourrait être avancé à une dizaine de jours ! Affaire à suivre !
Mercredi 10 Novembre, Salta
On fait une petite ballade dans la ville, on se réserve la grimpette sur la colline surplombant Salta pour cet aprem. Finalement je pars faire une sieste et Pierrot et Nath ne sont pas plus motivés, on se repose. On rencontre un Anglais, Matt, qui s’est fait voler deux appareils photo en deux jours au Pérou. Encore des histoires de guerre, faudra redoubler de vigilance !
Note : Les faciès argentins sont bien différents ici… ce ne sont plus les origines européennes qui dominent mais indiennes : la peau est plus foncée, les traits plus marqués !
Jeudi 11 Novembre, direction Purmamarca
On prend un bus, un stop à Jujuy, on reprend un autre bus, et nous voilà en fin d’après-midi à Purmamarca, au pied de la fameuse colline aux 7 couleurs. Effectivement, on dirait qu’un arc-en-ciel la traverse, c’est plutôt impressionnant. Le village est très mignon, ce n’est vraiment pas le même niveau de vie qu’à Salta, et ça nous va très bien. On trouve une auberge pas chère avec terrasse qui donne sur la colline, Nath ne peut pas rêver mieux pour sa dernière soirée en Argentine avec nous ! Un dernier apéro avec le foie gras qu’on avait gardé spécialement pour l’occasion, et un dernier repas à trois dans un petit resto où nous profitons de la musique d’un groupe local, elle va nous manquer la Nathouille !
Note : depuis qu’on a quitté Salta on est couverts de poussière en permanence! Entre les routes en terre, les rares voitures qui remuent tout et le vent, on en prend plein la tronche.
Vendredi 12 Novembre, Purmamarca
On fait des échanges de contenu de sacs, Nath repart avec nos guides et souvenirs, elle me laisse sa polaire bien chaude dont je vais avoir bien besoin en Bolivie, on l’accompagne au bus… à très bientôt poulette, et merci pour tout !
On se retrouve en amoureux, ce qui devrait durer jusqu’à la fin du voyage. On part se balader dans les environs du village, les couleurs des montagnes sont surréalistes, je vous laisse regarder les photos ! On croise une vieille dame très marquée par le temps : elle n’a plus aucune dent, elle est bossue, elle a un énorme abcès dans le cou… elle me prend la main et me regarde avec des grands yeux ébahis, je ne m’en remets toujours pas.
Samedi 13 Novembre, Humahuaca
On prend le bus pour Humahuaca, nous ne sommes plus qu’à deux heures de la Bolivie ! Nous avons prévu de passer deux nuits dans ce petit village. Le portefeuille est à sec, heureusement il y a une banque qui… refuse notre carte. C’est un peu la panique, on n’a même pas de quoi changer de ville, on essaie de trouver un hôtel où on peut payer par carte, peine perdue… Un dernier essai à la banque nous rassure : y’avait un bug. Pfiiiouuuu !
On trouve une piaule pour la nuit qui est vraiment, vraiment crade (je ne vous parle pas des sanitaires communs) mais pas chère, c’est déjà ça.
Je reçois la réponse de l’Ambassade de France au Brésil : je dois refaire un nouveau passeport (donc 4 semaines d’attente à La Paz ou Lima – tout bonnement impossible). Mais j’apprends en parallèle que ce n’est pas l’Ambassade qui gère l’immigration mais le consulat, autrement dit, je suis toujours au point mort.
Dimanche 14 Novembre, Iruya
Comme on adoooore le bus et qu’on ne le prend pas suffisamment, on a décidé de s’en cogner 6h aujourd’hui. La raison : un petit village dans les montagnes, Iruya, et surtout une route qui a une excellente réputation en termes de paysages. Faut qu’on aille voir ça ! On monte dans le (très) vieux bus qui ne ressemble plus à rien et on roule. Les virages montagneux en tête d’épingle nous donnent quelques sueurs froides, surtout quand le chauffeur doit s’y prendre à deux fois pour ne pas nous jeter dans le décor, mais le spectacle est garanti !
Au bout de 3h : Iruya. C’est un village plein de cachet, blotti dans les montagnes environnantes. On assiste à un match de foot, je pense que je ne prends pas trop de risque à dire que ce terrain possède le plus joli décor !
1h plus tard, on regrimpe dans le bus pour revenir sur Humahuaca, où on se fera notre dernier resto Argentin, 3€ plat-dessert…
Demain c’est la Bolivie : les femmes aux chapeaux melons, le Salar d’Uyuni, les mines d’argent de Potosi, La Paz (capitale la plus haute du monde)… bref, beaucoup de choses nous attendent pour nos deux derniers mois de voyage (déjà ? :( ) alors en route !
Vous en voulez encore? Le Bilan de l'Argentine, rédigé par Pierrot!
Commentaires
Trop cool Iruya, je suis degoutée
Pleins de bisous!!!!
bonne Bolivie à vous deux
bisouss
magnifique ces paysages, ça donne encore plus envie d'y aller.
En espérant que le problème du passeport va vite être résolu.
bisous
Merci d'écrire autant, c'est une vrai Bible votre site.
Bon courage pour ton passeport Manue et soyez prudents !!