Écrit par Pierrot, à Buenos Aires   
Lundi, 25 Octobre 2010 21:14

Quoiqu’il nous arrive maintenant, on l’aura fait notre tour du monde. Même si  la pire des bestioles venait à nous attaquer en Amérique du Sud, notre chère compagnie d’assurance nous rapatrierait en nous en faisant traverser l’océan Atlantique. La boucle serait bouclée, le tour du globe fait !

 

Mercredi 13 Octobre, international dead line

De retour des Fiji, on retrouve un peu triste l’Occident et Sydney. Heureusement, l’appart et les attentions d’Elodie nous remontent le moral. On passe nos deux dernières nuits à Sydney avant de s’envoler pour Buenos Aires.

Réveil matinal pour nos dernières heures Australiennes, on finit de faire les sacs avant de partir pour l’aéroport. On s’assure de ne rien oublier chez Elodie et une petit odeur de cramé vient caresser nos narines. Juste avant de claquer la porte de l’appart, trouvant cela bien suspect, je décide de faire volte face pour chercher la source de cette odeur.

On sera passé à deux doigts de la catastrophe. Manue, après avoir fumé sa clope au balcon, a eu la bonne idée de jeter le mégot dans la poubelle de la cuisine sans mouiller au préalable le tabac encore chaud. Plus de peur que de mal, on peut se diriger vers l’aéroport (vraiment désolés pour la « presque-bavure» Elodie et Laurent !)

Aujourd’hui est un jour particulier, nous allons franchir l’ « international dead line », ligne imaginaire qui nous permettra de vivre deux 13 octobre. Le vol dure 13 heures, nous ne dormons pas et arrivons enfin à Buenos Aires pour entamer une seconde journée de suite. Le temps de partager un taxi avec une Française qui termine son tour du monde et nous pouvons, à midi, nous coucher dans notre backpacker. Le soir nous avons rendez vous avec des amis Anglais rencontrés plusieurs mois avant au Vietnam.

Après une sieste de 6 heures nous pouvons nous rendre à « El federal » et déguster notre première viande rouge Argentine… un régal. Le « vino de la casa » du patron est pas mal non plus… 3€ la bouteille dans un resto ça nous change des prix pratiqués en Australie.

 

Jeudi 14 Octobre, direction Puerto Madryn

Comme notre pote Nath nous rejoint dans 10 jours pour passer 3 semaines avec nous, nous avons choisi de quitter au plus vite la capitale Argentine pour la visiter plus tard en sa compagnie. Notre objectif est simple : se balader tous les deux au Sud de l’Argentine à la découverte de la Patagonie pour ensuite, à 3 cette fois, découvrir le Nord.

On file donc à l’aéroport national en partance pour Puerto Madryn, ville méridionale perdue au milieu de la Pampa. On a choisi de passer quelques jours là-bas car c’est l’un des seuls endroits au monde où l’on peut observer des éléphants de mer, des lions de mer, des manchots et des baleines dans leur habitat naturel. A certains moments de l’année on peut même assister à l’attaque d’orques sur les plages de la côte, alléchés par la présence de bébé phoques se prélassant au soleil…

On a tous entendu parler de la fameuse « Pampa » Argentine et c’est en phase d’atterrissage que nous la découvrons. Assez facile à décrire : Il n’y a rien, c’est plat à perte de vue, parfois des grillages  délimitant les « Estancias » viennent garnir la monotonie du paysage. Dans ce coin de l’Argentine (grand comme 3 fois la France) on élève vaches et moutons en abondance. Il n’y a pas d’arbres ou presque, pas ou si peu de collines, aucun habitant à part les gauchos qui tiennent leur ranch.

On partage un taxi avec deux Espagnols qui nous amène à notre backpacker. La patronne bien sympa nous présente les lieux puis nous parle des différentes façons de découvrir la région. Dans tous les cas il va falloir débourser ! En 3 ans les prix en Argentine (et spécialement en Patagonie) se sont littéralement envolés. Les tarifs indiqués dans notre guide (pourtant de cette année !) sont 2 fois plus bas que la réalité, notre budget va en prendre un sacré coup !!!

 

Vendredi 15 Octobre, la Péninsule de Valdes

Au final, après avoir écumé les agences de la ville, on a décidé de prendre une bagnole avec chauffeur. C’est le parfait compromis entre la loc de voiture (à conduire sur des pistes avec une franchise hors de prix) et le tour en groupe qui n’est pas du tout notre tasse de thé. On s’en sort même avec un prix quasi identique à celui proposé par les tours organisés….que demander de plus ?

On passe donc la journée avec Rodolpho, un p’ti vieux adorable qui parle pas un mot d’anglais. C’est parfait, on va pouvoir bosser notre espagnol.

Et on en prend plein la vue. On commence au petit matin par admirer de la côte les cabrioles hors de l’eau des baleines et de leurs petits. On continue notre route dans la pampa en faisant connaissance avec les animaux terriens du coin : nandus (cousin de l’autruche), guanacos (beau frère du lama), zorros (cavalier masqué qui surgit hors de la nuit… non, il s’agit simplement de renards). Plus tard on découvre pour la première fois de notre vie les éléphants de mer, impressionnants ! Le male peut faire jusqu’à 6 mètres de long pour 4 tonnes, une belle bête quoi. A côté d’eux, les manchots que l’on voit par la suite, sont minuscules….mais si mignons lorsqu’ils avancent avec leur démarche gauche !

Voir cette faune marine dans son élément naturel est vraiment magnifique, voire émouvant. La journée approche à son terme lorsque nous embarquons sur un bateau à moteur pour aller voir les baleines franches australes. On a pas mal hésité avant de se décider à faire cette excursion vu que l’on avait déjà vu, sans avoir été extraordinairement emballés, des baleines à bosse à Sydney. Pourtant, le spectacle qui s’offre à nous est hallucinant. A cette époque de l’année, la maman baleine élève son petit né il y a quelques mois. Ils ne se séparent pas, jouent ensemble et c’est très certainement la curiosité qui les fait s’approcher si près de notre embarcation (j’en ai encore des frissons). Les deux sortent de l’eau, nous observent, prennent de grandes respirations avant de repartir dans les fonds marins : spectacle surnaturel sans commune mesure avec notre découverte des baleines à bosse en Australie.

 

Samedi 16 Octobre, Punto Tombo

Aujourd’hui, nous partons à la recherche d’une colonie de près de 500 000 manchots qui a élu domicile à quelques 200 kilomètres de Puerto Madryn. Avant cela on fait un crochet, toujours avec Rodolpho, pour se balader sur une plage de galets où sont affalés, comme de vrais pachas, des éléphants de mer. La veille nous n’avions pas pu les approcher mais juste pu les observer du haut d’une falaise. Maintenant, on marche à quelques mètres d’eux en s’assurant une distance de sécurité. Le male est tellement imposant, donc potentiellement dangereux, que les rapports sexuels de cette espèce se déroulent sur le flanc.

Ils sont arrivés là en 1947, aucun scientifique ne sait pourquoi, pourtant les manchots reviennent au même endroit chaque année, se souvenant de l’emplacement de chacun de leur nid. Manue et moi évoluons alors au milieu des terriers. Pendant que certains couvent leurs œufs, d’autres reviennent ou partent pêcher en mer, ces petites bêtes là sont vraiment trop mignonnes !

 

Dimanche 17 Octobre, plus au Sud

On quitte Puerto Madryn, après en avoir prix plein les yeux, direction El Calafate à l’extrême Sud Ouest de l’Argentine. Après les animaux, les paysages et plus particulièrement les glaciers frontaliers avec le Chili. Pour s’y rendre, c’est très simple : Un premier bus doit nous emmener jusqu’à  Rio Gallegos à 18h de route puis un second vers  El Calafate pour 4h30 de trajet supplémentaire à s’endormir sur la vitre en regardant impatiemment l’aiguille de sa montre tourner. Autant vous dire qu’on a bien l’intention de fouler le Perito Moreno, l’un des glaciers du parc naturel.

Le voyage est long, très long. Les paysages de pampa sont toujours les mêmes, lassants !

 

Lundi  18 Octobre, El Calafate acte1

On suit dans le froid, nos sacs sur le dos, le rastaman Guido qui nous emmène jusqu’à notre Backpacker où nous devons passer les trois prochains jours à l’assaut du glacier Perito Moreno. Il fait froid, le sol est gelé et Guido nous explique pourquoi il a fuit Buenos Aires l’insécuritaire il y a deux ans.

Exténués, éreintés par notre voyage de plus de 24 heures, nous ne sommes bons qu’à aller faire quelques courses histoire de manger chaud ce soir. La nuit sera salvatrice.

 

Mardi 19 octobre, El Calafate acte2

« Hors de question de partir sur le glacier par mauvais temps » nous martèlent les employés de notre « hôtel ». Un rapide coup d’œil à la météo nous annonce deux jours de temps exécrable dans la région. Nous qui voulions partir dans le parc naturel des glaciers demain, c’est râpé !

Alors on passe le temps comme on peut, jamais très loin du poêle qui réchauffe nos corps habitués aux chaleurs tropicales.

Le Perito Moreno est l’un des nombreux glaciers du parc. Son avantage est d’être accessible assez facilement, bas en altitude et, soit disant, superbe….on verra bien, mais pas aujourd’hui.

Le temps s’améliorant dans l’après midi on décide de booker notre excursion pour le lendemain. Au programme, sortie bateau à quelques mètres du géant, trekking sur le glacier et balade à pied pour l’admirer de plus haut. Nous sommes plutôt confiants pour le temps, lorsque des hallebardes tombent derrière la fenêtre. Ne voulant absolument pas découvrir le glacier sous les eaux, trempés,  avec une visibilité réduite, on prétexte une maladie imaginaire de Manue pour décommander.

 

Mercredi 20 octobre, El Calafate acte3

Au petit matin je suis sorti de ma torpeur par les rayons du soleil ! Pas de bol, il fait un temps magnifique aujourd’hui, idéal pour aller découvrir le glacier… ce sera malheureusement sans nous !

On décide de profiter de cette accalmie pour se balader en ville. Une ville de Patagonie comme celles qu’on a vues avant, récente, sans trop d’intérêt mais qui a l’avantage de longer le « Lago Argentino » qui abrite une colonie de flamands roses. La chaleur du soleil ne l’emporte pas sur le vent qui nous frigorifie. On sympathise avec un clébard, faut dire qu’il y en a partout ici, qui nous accompagne dans notre virée.

Plus tard, c’est le bon vin rouge du coin et la compagnie d’un Irlandais fan de rugby, qui nous donnera du baume au cœur. Demain, coûte que coûte, on y va !

 

Jeudi 21 Octobre, El Calafate acte4

Nous n’aurons pas attendu pour rien ! Le temps est au beau fixe, le vent léger nous donne à peine l’impression que la température est proche de zéro.

A quelques dizaines de kilomètres en bus, se tient le glacier le plus spectaculaire des Andes, on l’attend de pied ferme. Et sa vision est hallucinante. Un monstre de glace 15 kilomètres de long et 5 kilomètre de large nous fait face. Sa hauteur attend les 60 mètres et parfois, avec fracas, un morceau du colosse se casse pour  se transformer en iceberg à la dérive sur le Lago Argentino.

La glace est tellement vieille et dense que sa couleur est d’un bleu turquoise. Le glacier prend naissance à 2 000 mètres d’altitude avant de parcourir plusieurs kilomètres pendant 300 ans pour enfin finir sa course dans le ce lac d’un bleu laiteux où nous naviguons à la rencontre du géant.

La balade sur le Perito Moreno, crampons visées aux chaussures, est surréaliste. L’eau y est tellement pure qu’on nous offre à la fin du parcours un verre de whisky aux glaçons prélevés directement sur la peau du glacier.

Note : L’entrée du parc naturel coute 25 Pesos pour les Argentins, 75 pour les étrangers… j’aime pas !

 

Vendredi 22 Octobre, El Chalten J1

Aujourd’hui direction El Chalten, village le plus récent d’Argentine, construit dans les années 80 pour accueillir randonneurs et alpinistes du monde entier à la découverte du Fitz Roy, montagne mythique des Andes. On traverse en bus la steppe désertique troublée de ci de là par la présence de quelques lamas et émeus, pour ensuite découvrir ce village au bout du monde, posé au cœur des Andes et au pied du Fitz Roy.

Ici, on ne veut pas nous extorquer de l’argent à tout prix. L’entrée du parc est gratuite, les sentiers de randos sont toutes balisés donc on n’a pas besoin de guide. On peut même boire l’eau des rivières, pas de pollution ici !

On trouve vite fait un Hostel pour Backpacker et on part pour notre première rando en tout début d’après midi….21 kilomètres de marche à la rencontre du Torre, deuxième sommet le plus haut du coin. On se réserve le Fitz Roy et sa rando difficile pour le lendemain.

Il nous aura fallu 6 heures pour faire le trajet qui nous a réservé de jolis paysages enneigés. Le clou du spectacle fut le point de vue final d’où l’on a pu observer le Glacier Grande se jeter dans le lac du même nom.

 

Samedi 23 Octobre, El Chalten J2, à la conquête du Fitz Roy

Après notre mise en jambe de la veille, aujourd’hui nous réserve une rando à la difficulté certaine.

Au bout de trois heures de marche, on démarre l’unique ascension de la rando. Une heure de montée raide, non stop,  avec un vent à vous envoler un enfant mal nourri. En plus de cela, les derniers mètres se marchent dans la neige et là, on n’a pas de crampon. Pourtant on ne renonce pas et arrivons en haut , le Fitz Roy juste en face de nous !

A la fin de notre huitième heure de marche, nous finissons éreintés le 25ème kilomètre. Une soupe, un verre de vin rouge et dodo, demain on s’envole pour Buenos Aires, la Patagonie, c’est fini !

 

 

 

Commentaires 

 
+1 # AUdrey 25-10-2010 21:52
WAAAAAAAAAAAAAHHHHHHOOOOOOOOOO OOOOOOOOOOOOO, vos photos m'ont vraiment mis la chair de poule. Je suis habituée pourtant avec vous, mais là waouh, le glacier pffiouuu et les animaux, waou waou waouhhh. bisous les loulous
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0 # #Manue 26-10-2010 12:23
MERCiiiiiiiiiiiii!
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0 # ludivine 25-10-2010 23:04
alors là je dis chapeau bas les amis... s'aventurer à la grimpette du Fitz, c'est pas la petite balade pour marcheurs novices...
Dommage que vous n'ayez pas fait la boucle de Torres del paine; 3 jours de marche mais 3 glaciers differents et autrement moins pompe à fric que le moreno mais je vous accorde que le son des blocs de glaces qui se fracassent du Perito Moreno est tout simplement saisissant.... J'adore ce pays et ce peuple, Profitez après vous n'allez plus voir que des indiens!!!! que les vaya bien besos
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0 # Nath 25-10-2010 23:23
Hey! Hey!
ya plus de pain pour aller avec le paté! t'abuse pierrot
Toujours aussi cool de vous lire et c'est encore mieux de vous entendre :-)))))
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0 # #Manue 26-10-2010 12:22
c'est meugnon tout plein ça! il reste du foie gras?
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0 # Lisa ta couz 26-10-2010 03:16
Hey cousine,

trop cool de chercker tes photos de patagonie en cours! je vois que tu as troqué le bikini pour le bonnet de laine hihi;) ha la viande argentine, on en a jusqu'au Mexique ya des fondas argentinas partout, et qu'est ce que c'est bon!! y que tal el español?! bisous et take care!
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0 # #Manue 26-10-2010 12:20
parle po espagnol mais je survis! mon bonnet est superbe je sais bien qu'il me va à ravir! mange pas trop de fajitas old del paso cousine! bisous!
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0 # céline 34/64 26-10-2010 08:07
trop trop beau !!!! (j'adore la photo avec les bouteilles de sky)
et récit bien prenant, contente d'être contre le chauffage ici en vous lisant !
Vivement les prochaines nouvelles !
bisous et pas le bonjour à flo ;)
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0 # #Manue 26-10-2010 12:17
Si je l'avais croisé je lui aurai piqué son bonnet (la voiture ça c'est déjà fait mmmphrrr!)
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0 # Géo Striker 26-10-2010 16:33
C'est bien de devenir les amis des bêtes comme ca !
Bizz&prout

Géo Striker
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0 # Frc Sprenger 26-10-2010 21:40
Bon, Manue, je sais bien que les Pyrénées ne te suffisent plus mais quand même le petit gonzalès de Moreno et le mont Fitz machin chose, pourraient quand même être plus près d'ici et moins glacés...brouhhhh, de vous imaginer la-bas, j'ai pris froid. J'en suis à mon 6ème grog !!! Bon courage pour continuer; de toutes façon, ce matin nous avions les premières gelées ici à Lds. Bisous
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0 # Tédou 31-10-2010 12:44
Coucou les loulous ...
Énorme la patagonie, vous nous avez fait un remark de pékin express !
;)
Des bsx de France
TéDou
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0 # celine 05-11-2010 20:34
Kikou à vous 2, superbes photos :p... trippez bien pour le temps qu'il reste c'est que du bonheur à vivre encore ;p... BIZ
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